Le salut

Le salut traditionnel de notre école de jiu-jitsu & tai-jitsu

En appliquant ces premières règles, le premier langage commun est établi. Il permet la fermeture de l’Ego
et l’ouverture d’un esprit apte à capter l’essentiel et le fondamental. C’est l’étiquette au sein du dojo.

Le mot «Dojo» signifie littéralement «Lieu où l’on étudie la Voie». C’est un endroit consacré à la recherche
martiale ou spirituelle et à l’approfondissement de la Voie. Pour chacun de nous, la Voie est la discipline
qui nous conduit à la découverte de la connaissance de Soi.

Lorsque vous entrez, vous saluez les gens à l’intérieur et s’il n’y a personne, vous devez tout de même
saluer. Mais vous ne saluez pas un dojo vide, vous saluez l’esprit de ceux qui sont absents maintenant
ou qui sont sur le point d’arriver. Ceci démontre du respect, un bon état d’esprit, et une bonne attitude.
Le salut est votre façon d’exprimer votre respect aux autres.

C’est une forme de respect que de saluer lorsque nous quittons le tapis et lorsque nous revenons sur
le tapis. Mais le salut est aussi une forme de méditation en quelque sorte, vous devez démontrer
une présence dans votre salut, vous devez être présent dans ce temps, dans ce moment. Si cela est fait
avec sincérité, cela est correct. Si cela est fait avec distraction, cela n’est pas correct.

La cérémonie du salut au début d’un cours est vraiment une période de méditation lorsque nous sommes
assis dans la bonne posture afin de chasser toute distraction de notre esprit et de se préparer pour une
bonne pratique. Lors du salut, votre esprit doit se vider. Cela avec le résultat que votre esprit devient
un écran filtrant toute pensée antérieure, vous laissant prêt à absorber toutes leçons qui suivent.

Le lieu le plus important dans un dojo est le kamiza dont la signification est « siège supérieur ».
Dans un dojo traditionnel japonais trône sur le mur un petit autel shinto, l’image du fondateur de l’école
ainsi qu’une calligraphie. Le kamiza est l’endroit où se tient le professeur lors du salut. Du côté opposé
au kamiza s’assoient les élèves pour le salut ou pour écouter le professeur. Les assistants du professeur
se placent toujours du côté gauche.

Nous allons maintenant étudier les différentes manières de saluer et de se placer sur un tatami

Avant de pénétrer sur le tatami, il convient de saluer l’enceinte du Dojo dans la position Ritsu Rei
(position debout). Ce salut s’exécute précisément de la façon suivante : talons joints, pieds écartés,
colonne vertébrale bien droite, les épaules tombent naturellement, les mains sont ouvertes, paumes sur
les cuisses. On admet dans cette position un temps d’inspiration. Puis on incline lentement le tronc vers
l’avant en expirant. Enfin, on se redresse en inspirant. Ainsi, on exprime par ce salut son respect pour le lieu.

Notons un aspect très important concernant le regard : on baisse les yeux uniquement lorsque l’on salue
le Kamiza, pour signifier son humilité profonde à une personne, ou encore pour exprimer des excuses à
quelqu’un. Dans de pareilles circonstance et dans la position Seiza (position assise), on salue en s’inclinant
très bas, le front touchant alors le sol. A l’exception des cas cités ci-dessus, on maintient toujours le regard
vers la personne situées face à soi lors du salut, et ce afin de prévenir toute attaque surprise.

Le salut se décompose comme suit

- Face au Kamiza, pieds joints, les élèves attendent l’ordre du Sempai pour s’asseoir : «yoï»,
mot qui désigne la position d’attente. Pour s’asseoir, on descend le genou gauche, puis le droit. Enfin,
on pose les fesses sur les talons et les mains se placent sur les cuisses. L’écartement des genoux
correspond à la largeur de deux poings fermés pour les hommes et un poing pour les femmes.

- Le Sempai ordonne alors «zaraï» : on recherche l’apaisement mental. On passe de la vie ordinaire
et ses contraintes à un moment de détachement permettant un travail libérer des contingences
matérielles.
- Avant le début de chaque cours, tout le monde (y compris le professeur) saluent en même temps face
au Kamiza : ce salut exprime le respect de la tradition passive, c’est à dire de la chaîne de
transmission du savoir. La pratiquant manifeste ainsi son respect aux générations qui l’ont précédé
et son humilité par rapport à l’univers qui l’entoure.

Dans certains dojos, il y a plusieurs saluts

- Le «Sensei ni rei» et le professeur se retourne vers les élèves. Ce salut traduit le respect dû au
professeur.
- «Sempai ni rei» : salut entre le Sempai et les élèves. Le professeur ne salue plus. Le respect est dû
aux anciens.
- Enfin, «Otogai ni rei», toujours ordonné par le Sempai, est le salut des élèves entre eux et exprime
leur respect mutuel.

En Zarei (ou Seiza), on observe que l’on doit d’abord poser la main gauche sur le sol lors du salut.
La raison de ce détail est double :
Sur le plan purement martial et stratégique, dans le cas d’une action agressive de l’adversaire, la main droite
reste prête à dégainer le sabre. A mains nues, si l’adversaire saisit une main, on peut toujours riposter de l’autre.
Par contre si l’on descend les deux mains en même temps, on est très vulnérable en cas de saisie des deux mains.
Sur un plan ésotérique et énergétique, on remarque que dans tous les rituels, la main droite est toujours
associée au bien. Dans les mudras, la main droite à un pouvoir constructif et la main gauche un pouvoir
destructeur. Le fait de descendre la main gauche à terre constitue un signe d’ouverture vis à vis d’un
partenaire : on affiche son refus de faire usage du mal. Dans le même temps, le contact avec la terre
neutralise le potentiel énergétique du mudra destructeur.

Toujours dans la position Zarei, on observe que les mains posées au sol sont disposées en triangle.
La figure géométrique est dessinée par les pouces, index et majeurs des deux mains.
Sur le plan martial cette disposition des mains sur le sol permet d’éviter une blessure du visage en cas
d’écrasement de la tête par un adversaire : le nez et le menton étant ainsi protégés.
Sur le plan énergétique, cette disposition correspond à la circulation de l’énergie en circuit fermé grâce
à un phénomène de concentration énergétique et mentale comme en Tai-Chi-Chuan ou dans d’autres
pratiques internes.
Dans un sens symbolique, le triangle est l’union de l’homme, du Ciel et de la Terre. C’est la jonction entre
tradition passive (la chaîne de transmission de la connaissance) et la tradition active (la façon de vivre
aujourd’hui). Notre Sensei (celui qui est devant) est le point charnière entre ces deux traditions. On
leur a transmis une connaissance et à présent ils la retransmettent à d’autres. Cela participe au cycle
de transmission et de continuité.

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